• Janvier 2026

    • Vendredi 9 19:00 - 21:00
Café librairie Michèle Firk
9 rue françois debergue 93100 Montreuil
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Rencontre avec Haud Guéguen autour de "Herbert Marcuse face au néofascisme"

Rencontre avec Haud Guéguen autour de "Herbert Marcuse face au néofascisme"

Rencontre avec Haud Guéguen autour de "Herbert Marcuse face au néofascisme"

Pour bien commencer 2026, Michèle Firk aura le plaisir de recevoir Haud Guéguen ce vendredi 9 janvier pour discuter de son dernier livre chez Amsterdam : "Herbert Marcuse face au néofascisme" ! L'occasion de parler de philosophie du désir, de subjectivité révolutionnaire, de freudo-marxisme et de fascisme (et de Marcuse) avec la philosophe.
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La légende voudrait que lors d’un colloque où ils étaient tous deux présents, Foucault glissa à Deleuze : “Je te laisse régler son compte à Freud, je m’occupe de Marx”. Force est de constater que ni le marxisme, ni la psychanalyse n’ont disparu et c’est heureux. On serait même tenté de postuler un retour en grâce du freudo-marxisme, les récents débats sur les pulsions fascistes ayant par exemple renouvelé l’intérêt porté aux travaux de Wilhelm Reich (et à son “discours faux qui visait juste” comme disait Balibar). Dans le même temps, Marcuse semble, lui, être resté confiné à une certaine indifférence difficilement compréhensible. Philosophe du désir et de sa capture, analyste fin des structures sociales et économiques du nazisme, théoricien précoce du risque néofasciste, Marcuse semblerait avoir sa place à plus d’un titre dans nos discussions.
C’est du moins l’opinion d’Haud Guéguen, elle qui a récemment consacré un livre entier à démontrer l’actualité politique de ce dernier en se fixant un objectif ambitieux : réexaminer les questions gémellaires de la révolution et du fascisme à l’aune des thèses marcusiennes. Tout un programme donc, et non des moindres.
Pour elle, il s’agit d’une part de reprendre les intuitions de l’auteur d’Eros et Civilisation pour interroger ce qu’on tente de désigner derrière le terme de révolution, de questionner ce qu’elle impliquerait de transformations de nos désirs et de désir de transformation. Ce faisant elle se place dans la lignée d’un Marc Fisher dans Désirs Postcapitalistes, pour interroger les formes même de ce qu’on serait en droit d’appeler une subjectivité révolutionnaire, toujours consciente du risque de recapture.
C’est qu’il faut rendre justice à l’acuité de Marcuse et à son insistance sur l’ambivalence pulsionnelle du capitalisme, généralement répressif, certes, mais dont la “permissivité affirmative” autorise le désir dès lors qu’il peut aussitôt être à nouveau subsumé dans le rapport marchand. C’est peut-être ce qui explique l’intérêt qu’il porta aux mouvements étudiants, écologistes et féministes. Hâtivement bombardé “père de la New Left” (ce à quoi il rétorquait, non sans irritation, que la révolution n’avait pas besoin d’un “daddy”), Marcuse avait en effet reconnu très tôt ce que ces luttes contenaient de “refus d’intériorisation de l’autorité sociale et des normes bourgeoises, patriarcales et productivistes”.
La violence de la réaction qui suivra ces mouvements est, elle aussi, pour Guéguen, un signe de la pertinence de Marcuse, et tout particulièrement de sa définition du fascisme comme “contre-révolution préventive”, avec la postérité qu’on lui connaît. Reprise par Angela Davis, son ancienne élève, elle influencera à son tour Alberto Toscano, amenant celui-ci à faire du fascisme une potentialité toujours actualisable des régimes dits démocratiques. Qu’il existe une continuité de logique et de forme entre l’autoritarisme néolibéral et le néofascisme tout le monde en conviendra. Que ce dernier ne soit pas la négation mais le produit des démocraties, sera sans doute plus difficile à accepter pour certains. On pourra pourtant difficilement accuser le philosophe d’ambiguité sur ce point: “La démocratie est devenue le principal obstacle au changement – excepté au changement vers le pire.”

icône horaireVendredi 9 janvier, 19h00
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