Rencontre avec Jean-François Hamel pour son nouveau livre publié aux Éditions Amsterdam
Ce 29 avril à 19h, nous avons le plaisir de recevoir Jean-François Hamel, chercheur en littérature enseignant à l'université du Québec. Il est notamment auteur, de Camarade Mallarmé et Nous sommes tous la pègre. Les années 68 de Maurice Blanchot, deux essais publiés aux éditions de Minuit qui s'intéresse à la manière dont la pensée et la pratique politique d'auteurs français s'incarne et se manifeste dans leur production littéraire -- celle-ci faisant alors écho d'une opposition aux choses telles qu'elles sont.
Il vient de faire paraître aux éditions Amsterdam Les Feuilles de l'après mai, un travail d'enquête dans les productions écrites d'"anonymes_"_ pris dans la contestation du long mois de mai 1968. Nous aurons donc l'occasion de parler de l'écrit comme trace et intervention, mais aussi comme textes faisant corpus où l'on peut rencontre quelque chose à la hauteur (si ce n'est plus) des inventions littéraires que l'on peut retrouver dans la sphère culturelle autorisée de cette période.
Présentation de l'éditeur :
« J’ai voulu les lire, ces feuilles éphémères, ces bulletins militants, ces canards contestataires pour ce qu’ils étaient en leur temps : des opérations d’écriture et de publication, qui constituaient de plein droit des actions politiques, puisant leurs ressources dans un répertoire singulier d’usages, de pratiques et de formes, qui ne sont pas tout à fait étrangers à ce que nous appelons littérature. »
Et si les inventions d’écriture, loin d’être l’apanage de la littérature, se trouvaient aussi dans les journaux militants, les feuilles contestataires, les canards contre-culturels ? Et si les « rotatives de la colère » constituaient un laboratoire insoupçonné de pratiques et d’usages de l’écrit ? Il faudrait alors que l’histoire littéraire délaisse la vénération des singularités esthétiques et s’ouvre enfin au régime de collectivité des écritures militantes. C’est le pari critique de cet essai.
Au cœur des années 68, en dépit d’une sévère répression d’État, des dizaines de journaux naîtront des rangs du gauchisme et perpétueront l’insubordination poétique, rhétorique et médiatique du soulèvement de mai. Cette presse dite tour à tour « libre », « parallèle » et « sauvage » ne cessera d’expérimenter la performativité politique des actes d’écriture, c’est-à-dire leur capacité à agir et à faire agir. Les feuilles de l’après-mai éclairent ce qu’écrire veut dire pour celles et ceux qui, à distance de la littérature, rêvent de changer la vie.